SCEAM/ 18è Assemblée plénière

Kampala en Ouganda. 18è Assemblée plénière du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, du 22 au 24 juillet 2019. L’Eglise catholique au Gabon est représentée par le 1er Vice-président du SCEAM, président de la Conférence épiscopale du Gabon, évêque du diocèse de Port-Gentil, Mgr Mathieu Madega Lebouakhean. En marge de la clôture du Jubilé d’Or du SCEAM, le dimanche 21 juillet 2019, plusieurs conférences ont été données. Ce, en présence de huit cardinaux, parmi lesquels le légat du Pape, le Cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et plus de 200 évêques.

Photos: Les évêques du Gabon, en charge au sein du SCEAM, du SECAM et de la Commission épiscopale de l’Apostolat des laïcs & le Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Gabon

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Secrétaires généraux des Conférences épiscopales des Eglises membres du SCEAM, parmi lesquels le Sécrétaire général de la Conférence épiscopale du Gabon

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo de famille

COMMUNICATION 1
CONCEPTUALISER LE THEME DU JUBILE:
« EGLISE-FAMILLE-DE-DIEU EN AFRIQUE,
CELEBREZ VOTRE JUBILE, PROCLAMEZ JESUS-CHRIST VOTRE SAUVEUR »

Conceptualisation du Jubilé en réfléchissant sur toutes ses dimensions en Afrique.
Le thème a trois éléments:
– L’Eglise Famille de Dieu en Afrique; rappel
– Célèbre ton Jubilé: 1ère invitation à l’Action (Lev 25, 10s)d’
– Proclame Jésus-Christ ton Sauveur; 2è invitation à l’action.

L’Eglise Famille de Dieu en Afrique; rappel

Qui somme-nous, comment comprendre cette identité? Nous avons besoin d’écouter Dieu pour voir les caractéristiques de la Famille de Dieu. Nous sommes enfants de Dieu, nous devons retourner à Dieu, pour faire partie de cette famille. Cette famille de Dieu renferme toute la réalité. Quand nous ratons cette réalité, nous ne pouvons pas évoluer. Nous devons donc recontextualiser cette réalité.
Jusqu’à quel point croyons-nous que nous sommes une créature nouvelle, et que nous faisons partie de cette famille de Dieu? Que veut dire famille de Dieu en Afrique? Croyons-nous à l’incarnation en Afrique? Comment avons-nous concrétisé cette incarnation? Jusqu’à quel niveau adhérons-nous à la réalité de la Famille en Afrique?
Nous produisons des documents, mais comment rendre concrets et pratiques tous les discours et les résolutions prises?
Le Seigneur est venu pour rassembler tout le monde, tous ses enfants. Comment rendre concrète cette réalité familiale en Afrique?
Nous devons dépasser toutes nos barrières pour rentrer dans la réalité trinitaire, afin de pouvoir continuer notre marche ensemble.
Jusqu’à quel point intégrons-nous la réalité de l’Eucharistie dans nos vies? Cette réalité de l’Eucharistie doit nous aider à conceptualiser l’Eglise famille de Dieu en Afrique, en dépit de notre diversité.
La philosophie bantue de l’unité doit nous aider à travailler ensemble, et de comprendre que nous sommes une famille en Afrique. Quand nous comprenons cela, nous devons voir jusqu’où nous sommes unis comme Eglise Famille de Dieu en Afrique, dans nos diocèses, nos paroisses, nos communautés. Si nous ne savons pas ce que nous sommes, comment pouvons-nous être unis, et quel esprit nous unit? Ce Jubilé est une opportunité pour dire merci au Seigneur, mais aussi pour réfléchir sur ces questions.

Célèbre ton Jubilé: 1ère invitation à l’action (Lev 25, 10s)

Nous avons besoin de savoir le contexte du Jubilé. Il nous invite à voir ce que nous avons fait durant les 50 dernières années. Dans Lévitique 25, Dieu dit au peuple de repartir vers la terre ancestrale. Quelle est la terre ancestrale de l’Afrique? Elle débute par une journée de repentance. L’avons-nous fait?
L’ACTION PRINCIPALE DU JUBILE C’EST LA LIBERATION. Dans nos activités, nous devons éviter tout aspect de corruption, et pratiquer l’unité>. Tout ce que Dieu a créé était libre. Nous devons donc repartir à l’esprit de la Création. Il faut découvrir cette dynamique importante du Jubilé, afin de vivre le passage de Luc, qui est une action de libération générale, et ainsi célébrer et proclamer cela.
Nous avons été privilégiés d’être invités à ce banquet divin. Au retour, il est important de le ramener aux autres.
Comment rendre cette réalité plus concrète, selon la dynamique de la libération?

Proclame Jésus-Christ ton Sauveur; 2è invitation à l’action

Jésus a proclamé Dieu en devenant HOMME, dans ce qu’il a fait et ce qu’il a dit. La première proclamation de Jésus est le témoignage de sa vie.
Quel feu avons-nous mis pour vaincre l’esprit de division, afin que les gens voient que nous sommes réellement des chrétiens comme à Antioche?
La proclamation de Jésus comme Sauveur est un mandat baptismal qui doit engager tous les chrétiens.
Nous devons prendre conscience de cette missions d’annoncer Jésus dans un corps réconcilié, à l’exemple de nos frères des églises de réveil, qui n’hésitent pas à le proclamer haut et fort.
Marie-Madeleine a reçu la bonne nouvelle, et elle s’est empressée d’aller l’annoncer. Quand on a l’Esprit Saint en nous, on ne peut pas rester inerte, sans proclamer le Seigneur.
Un agenda concret est à présenter au sortir de ces travaux: où voulons-nous aller? Quels fruits voulons-nous récolter?
Nous avons besoin de reconnaître l’Action de Dieu en nous, et parmi nous. Nous avons besoin de beaucoup de gratitude pour le reconnaître, et nous devons tous être engagés à témoigner de Dieu, sans exception, car Dieu veut sauver tout le monde.
Si nous ne savons pas d’où nous venons, nous ne saurons pas d’où nous partons.

COMMUNICATION 2
LE SCEAM, HIER ET AUJOURD’HUI
Cardinal SARAH

Le SCEAM est une réalité providentielle voulue par Dieu, dans un monde en profonde crise.
Les grands défis se sont manifestés de différentes façons, en particulier l’absence de Dieu.
En occident, il y a une éclipse de Dieu. L’Homme prend doucement la place de Dieu, le Mal devient le Bien, l’Impur devient le Pur.
L’occident invente des idéologies qui portent atteinte à la dignité humaine.
Ces idéologies imprègnent profondément les choix des sociétés occidentales, même au sein des documents d’Eglise.

COMMUNICATION 3
GLOBALISATION ET DEFIS ECOLOGIQUES
Rd. P. José LUEMBA

Le principe d’une humanité unique est un des fondements de la globalisation? en matière de promotion du genre humain, comme ensemble.

L’Afrique et la globalisation

L’Afrique ne peut pas être tournée sur elle-même. Elle doit se prendre en main, afin de prouver sa capacité à faire compétition avec les autres peuples, dans ce mouvement universel.
L’Afrique peut aider à une réconciliation de l’humanité avec elle-même, et annule les différences entre l’homme et la femme.
La jeunesse africaine a tendance à valoriser les cultures étrangères, et néglige les cultures africaines. Ce qui entraîne des Africains vidés de leur essence.
L’Eglise ne peut se taire devant ce phénomène.

L’Afrique et les défis écologiques

La science et la technique doivent être au service de l’Homme. L’environnement est considéré comme un ressourcement de celui-ci. Or, l’être humain s’est inscrit dans un rapport de prédation et d’exploitation abusive de la terre qui nous nourrit. De ce fait, la crise écologique est une crise de l’unité entre l’homme et la nature. En créant la nature, Dieu l’a donnée à l’Homme, pour qu’il puisse avoir la mission d’être pasteur de la nature.
L’Eglise Famille de Dieu doit être à l’écoute de la souffrance de la Terre, afin de susciter le changement de mentalités. Les cultures africaines respectent la relation Homme-nature.
Ainsi, l’Afrique ne doit pas se présenter comme victime de la globalisation, mais comme laboratoire capable de donner au monde des propositions de protection de la nature.

COMMUNICATION 4
DEFIS SOCIOCULTURELS, POLITIQUES ET ECONOMIQUES
M. Kizito TENTHANI

Défis culturels: les nouveaux medias ne favorisent plus le contact humain
(surcharge de messages, évangélisation par le téléphone)

Les medias sociaux forment la conscience des jeunes et leur regard sur le monde. De ce fait, leur personnalité en est impactée, au point d’avoir une personnalité et un comportement superficiel, entraînant une décroissance de culpabilité. La prise de conscience du mal fait aux autres devient superficielle.
Du coup, personne ne veut être responsable de ses actes, ou des messages envoyés pouvant nuire aux autres.
L’Eglise doit s’adapter, et voir comment elle peut mieux administrer l’Evangile en présence de l’émergence de cette culture.

Défis sociaux

Les jeunes s’engagent de plus en plus dans le sacrement du mariage. Mais ils sont sous pression, car les mariages deviennent coûteux. Beaucoup se marient par intérêt. Ce sont généralement des mariages artificiels, qui conduisent au divorce, quand l’aspect financier diminue.
Au sein de la famille, les enfants sont souvent laissés seuls avec les appareils. Les parents sont occupés à d’autres tâches. Ce qui entraîne une croissance des filles-mères.
Le manque d’éducation et d’information entraînant des dérives.

Défis politiques

Instabilité politique dans plusieurs pays d’Afrique. L’Eglise se met souvent en marge des actions politiques. Ce qui peut être vu comme un abandon.
Les institutions séculaires sont plus accessibles que les institutions de l’Eglise. Il s’avère donc nécessaire de revoir cet état de choses.

Des travaux en atelier ont succédé aux conférences.

Photos: Mgr Eusébius, évêque du diocèse de Port-Gentil
Notes: Maryse Ndong, laïque gabonaise invitée du SCEAM
Coordinatrice adjointe de la Commission du Jubilé des 175 ans de l’Eglise catholique au Gabon

 

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