Réflexion-Exhortation/ Coronavirus/ « Se préparer au pire debout »/ P. Paul-Marie Mba, cb

« Se préparer au pire, debout ». En renforcement de sa proposition de programme de prière contre le Covid-19, le père Paul-Marie Mba, de la Communauté des Béatitudes, nous invite à une réflexion en différents points, contre le covid-19 (coronavirus). Ni déni, démission face au mal. Ni peur, qui peut conduire à la panique. Mais du courage, de la prudence et de de la solidarité. En un recours accru à la « spiritualité et à une grande foi », car « le monde ne trouvera une paix profonde qu’en revenant à Dieu, individuellement et collectivement »… Le document comprend également quelques prières et exercices spirituels.

SE PRÉPARER AU PIRE DEBOUT

CHERS AMIS, CHERS TOUS,

Que la paix du Seigneur soit sur vous en ces temps troublés !
Nous aimerions attirer votre attention sur quelques points importants pour affronter victorieusement le Covid-19. L’OMS nous a invités à nous réveiller et à nous préparer au pire. J’aimerais croire que leurs prévisions sont fausses. J’aimerais penser que nous sommes tous dans une salle de cinéma, emportés virtuellement par un de ces films à succès qui réveillent les pires peurs. Hélas, la réalité est à nos portes : et elle serait pire pour l’Afrique, nous préviennent les experts.

En effet, avec son manque de structures médicales, ses gouvernants aux nationalités multiples qui se soignent sous d’autres cieux, ses chefs qui organisent des élections en pleine pandémie, son nombre insuffisant d’agents de santé mal payés parfois corrompus, son manque d’organisation chronique… : comment l’Afrique pourrait-elle résister là où les nations les mieux organisées et les plus outillées sont dépassées et prises de panique ? Devrions-nous alors désespérer, trembler ou nier la réalité ? Rien de tout cela, pensons-nous. Nous pouvons venir à bout du Covid-19. Nous avons connu beaucoup de fléaux, essuyés tant de tempêtes, soufferts tellement de complots… Et malgré tout, nous sommes debout : l’Afrique reste sereine et digne dans ses larmes. Certes, nous le devons à la divine providence mais aussi à notre résilience extraordinaire dans les épreuves. L’épreuve actuelle n’est pas la première, et elle ne sera pas la dernière. Nous devons tenir et avancer imperturbables, en puisant dans nos âmes les ressources nécessaires pour traverser cette nouvelle tempête qui fait trembler les nations les plus puissantes de la terre. Mais pour y arriver, nous devons nous réveiller, nous organiser et anticiper l’avenir avec audace et foi.

Il faut nous réveiller, nous a-t-on dit. Se réveiller ici, c’est prendre conscience que nous sommes exposés autant que tous les peuples que le Covid-19 a meurtris ; c’est réaliser que nous pourrions perdre la vie d’un proche ou la nôtre alors que l’évitement de ce drame est à notre portée. Car l’homme est le vecteur du virus-tueur : c’est l’homme qui le transporte de proche en proche… Mais nous éveiller, c’est aussi prendre conscience que nous devons lutter sereinement ensemble, de façon réfléchie et organisée, courageuse et créative, en mettant en œuvre toutes les ressources dont Dame-Vie nous a gratifiées avec Dame-Nature sa compagne de toujours.
Il y a en effet des choses que Dieu ne fait jamais à la place de l’homme. Nous devons mettre à contribution toutes nos ressources, à l’échelle individuelle et familiale comme à l’échelle nationale et continentale… Mais notre regard doit voir plus loin que la seule menace présente, il faut anticiper sur les problèmes comme sur les opportunités qui naîtront de la présente crise.

Je me permettrai ici quelques points d’attention et quelques interpellations, parfois osées, mais en pareille circonstance toute inactivité et silence seraient complicité, du moins telle est mon appréciation. Sur quoi commencer ? Où porter notre regard ? A quoi faire attention ? Pourquoi ? Nous ne rentrerons pas dans des détails et ne justifierons pas tout mais nous dirons ce que le bon sens en pareil moment nous inspire, tantôt en le fondant, quelquefois aussi en omettant de le faire. Qu’on veuille bien nous le pardonner… Nous engagerons notre propos par un constat.

NI DENI, NI PEUR…

Chers amis, tout le monde a peur mais tout le monde fait comme si la situation n’exigeait pas de nouvelles attitudes et des mesures plus importantes pour affronter le mal qu’on nous annonce d’une gravité exceptionnelle… Toutefois, on ne se prépare pas au pire avec le déni, ni avec la peur. En effet, le déni conduit directement dans le mur. Personne n’échappe au réel. Il rattrape violemment quiconque feint de l’ignorer. Le déni est une démission face au mal. Il donne un chèque en blanc à la pandémie, contrairement à la lutte qui permet de résister au mal et lui fait payer cher chacune de ses victoires. La lutte est notre seule chance de l’emporter sur le mal. C’est une loi qui traverse l’histoire. Tous les peuples qui attendent passivement des victoires sans lutter seront toujours vaincus et asservis…

Quant à la peur, c’est une émotion normale, spécialement face à l’éventualité de la mort. Nous sommes des vivants, lorsque la mort frappe à notre porte et menace ceux qui nous sont chers, qui ne serait pas tenté de céder à la panique ? Mais la force du virus dont on sait la capacité de destruction ne doit pas nous démobiliser, nous désarmer psychologiquement. La mort qu’il sème sur son passage n’est point une raison de lui donner raison. Les effets de la peur sont connus : rétrécissement de la pensée, affaiblissement ou paralysie des réactions corporelles, réactions inadaptées face au danger, panique qui conduit à des actes irrationnels… La peur affaiblit personnellement et collectivement lorsqu’elle n’est pas gérée de façon convenable et réfléchie. La peur peut pousser à la trahison, à la violence inutile, à la lâcheté, au mensonge, à la méchanceté… Elle n’est ni bonne conseillère, ni une arme efficace contre le mal puisqu’elle est une énergie qui inhibe l’esprit et affaiblit le corps. Si elle n’est pas maîtrisée, la peur engendre des attitudes morales aussi dangereuses individuellement que collectivement. Disons donc « non » à la peur.

Oui, que personne ne cède à la peur et que personne ne s’enferme dans le déni de réalité. Chacun espère, mais sans s’en donner les moyens, ne pas être touché par le effroyable virus ! Une telle conviction ne peut suffire. Elle n’a pas suffi ailleurs. Il faut regarder le virus couronné de victoires sur de grands peuples en face, les yeux dans les yeux, puis agir froidement comme il convient pour en triompher. C’est possible.

Ouvrons des pistes qui peuvent conduire à cette victoire sur le Covid-19, comme sur le mal moral qu’il draine comme les eaux d’un fleuve en crue. Face au Covid-19, nous devons faire preuve de courage sans imprudence : faire preuve de valeurs humaines.

DU COURAGE, DE LA PRUDENCE ET DE LA SOLIDARITÉ …

Chers amis, sans des hommes et des femmes courageux : on ne peut venir à bout d’un puissant ennemi. Nos pays doivent s’armer de courage à tous les niveaux : prendre des décisions au service de la vie sans oublier l’avenir. Ils ne doivent plus tergiverser, le temps nous est compté. Chaque seconde perdue pourrait être fatale pour des centaines de nos concitoyens, pour ne pas dire pour plusieurs de nos parents… Néanmoins, ces décisions courageuses et parfois audacieuses doivent aller de pair avec des décisions personnelles, familiales et communales sans oublier nos villages. A quoi servirait que l’Etat prenne des décisions que personne ne respecte ? En revanche, les décisions personnelles, familiales, communales et rurales pallieront aux insuffisances de l’Exécutif. Nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, vu « l’état de nos Etats ».

Au niveau personnel, il s’agit de consentir à des renoncements multiformes. Ainsi, par exemple, on ne peut continuer à fréquenter les bars ouverts en cachette, ni continuer à se promener sans nécessité réelle. Chacun devra accepter de gagner moins d’argent pour que soit sauvegardée sa vie et celle des siens, s’il veut continuer à gagner de l’argent plus longtemps. Entre maintenir son train de vie, conserver ses habitudes et perdre sa vie, une conscience éveillée ou lucide comprendra où est le bon choix même si celui-ci s’accompagne de quelques inconforts. Entre rester chez soi avec une épouse qu’on supporte à peine et mourir, qui ne voit où penche la raison droite ? Mais pour beaucoup, il faudrait peut-être aussi rédiger un testament clair afin que leurs enfants et leur épouse ne soient dépossédés et réduits à la mendicité si jamais la mort venait à les emporter… Pour les croyants, la question inévitable devant la mort est : que faire pour passer avec succès l’épreuve du jugement de son âme ? Mais cette question se décline concrètement ainsi : que faire pendant qu’il en est encore temps pour me réconcilier avec Dieu et avec mon prochain, et pour les aimer ?

Souvenons-nous que la mort vient souvent comme un voleur. Le Coronavirus met plus de quatorze jours pour se manifester, donc on peut tous paraître en bonne santé aujourd’hui alors que la mort fait déjà son chemin en nous… Le courage et la responsabilité ne peuvent faire défaut devant l’éventualité réelle de la mort. Chacun doit se préparer s’il veut échapper à la mort, s’il veut mourir debout plutôt que dans l’indignité chargé de culpabilité. Il serait bête de mourir alors que le « remède » consiste à rester confiné chez soi en compagnie des siens… Comme il serait insensé d’exposer toute sa famille à la mort, juste parce qu’on a continué à fréquenter une « tchiza » (maîtresse, « 2è bureau » Ndlr) en cachette. Alarmisme et pessimisme que ces considérations ? A notre avis : « non » ! Il vaut mieux prévenir que guérir.

Quant aux responsables politiques : qu’ils consentent pour une fois à sortir l’argent de tous. Il y va de leur protection aussi. Personne n’est à l’abri du terrible virus : il a frappé des stars et des hommes politiques sous d’autres cieux ? Pourquoi les nôtres seraient-ils épargnés? Seraient-ils des demi-dieux par hasard ? Nos responsables doivent organiser la « résistance » contre le mal : quel hôpital fera quoi ? Combien de lits et d’appareils respiratoires disponibles ? Comment faciliter l’accès au dépistage ? Comment gérer les corps des morts et leurs familles ? Que fera-t-on des veuves et des orphelins ? Comment préserver nos villages et nos hameaux ? Comment gérer les enfants des rues, les mendiants, les prisonniers et les pauvres ? Que faire pour maintenir un approvisionnement alimentaire suffisant accessible à tous, ainsi que l’eau courante et l’électricité ? Comment soutenir ceux qui faute de salaire seront tentés de ne pas respecter le confinement ? Comment gérer les frontières ? Les lieux publics et les administrations ? Les communiqués officiels ne suffisent pas. Et tout ne se résoudra pas à la matraque et aux gaz lacrymogènes : face à la mort personne ne leur obéira. Comme dit une sagesse populaire ivoirienne : « Cabri mort n’a pas peur de couteau ». Les communications démagogiques ne tromperont personne cette fois-ci, et la politique de distribution de cadeaux ne marchera pas en cas large contamination. Il faut agir vite, bien, de façon organisée et méthodique si l’on veut éviter une hécatombe, même si l’Afrique en a hélas l’habitude. Il se pourrait bien que cette crise fasse tomber les masques de quelques loups déguisés en berger à la tête des peuples…

Comme citoyens, nous attendons que nos dirigeants nous précisent où sont les centres de dépistage, les centres de mise en quarantaine et les centres de soins ? Qu’ils nous indiquent leur localisation sur toute l’étendue des territoires de nos pays ? Qu’ils précisent également leur capacité d’accueil ? Qu’ils communiquent sur les stocks de médicaments mobilisés ? Qu’ils nous disent le nombre de médecins affectés à ces différents centres et les mesures de protections dont ils bénéficieront ? Quelle est la logistique mise en place pour cela ? Qu’ils disent dans quelles morgues seront traités les corps des défunts pour protéger les populations. Qu’ils autorisent les médias et le citoyen lambda à vérifier ces informations. Il y va de la vie de chacun. De telles mesures tranquilliseront les esprits déjà troublés par la peur du pire. Mais si jamais ces mesures n’étaient pas prises, il ne nous resterait qu’à compter sur un secours spécial de Dieu. Mais ces négligences coupables ne devraient jamais restées impunies. Si les responsables sont au-dessus des lois, il faut prier avec foi en groupe pour demander à Dieu de faire justice pour éviter que le méchant ne prospère, et pour décourager ceux qui voudraient suivre sa voie… Nos dirigeants feront-ils donc mentir les pronostics alarmants de l’OMS pour une fois ? Nous aimerions le croire. C’est à ce dessein que nous écrivons.

La prudence : celle-ci nous est inculquée quotidiennement par les médias et les réseaux sociaux. Se laver les mains avec du savon, tousser dans le coude ou dans un mouchoir à jeter, éviter de toucher son visage, garder une distance de sécurité dans les rencontres, rester confiné chez soi, éviter les embrassades et autres bisous, manger sain pour renforcer son système immunitaire, avoir une boite à pharmacie chez soi pour éviter d’aller à l’hôpital pour des bobos. Pourquoi ne pas prévoir également assez d’argent chez soi pour éviter de s’exposer en allant à la banque en chercher ? Anticiper, il le faut à plusieurs niveaux… Que celui qui a été au contact d’une personne contaminée se fasse dépister spontanément, en acceptant d’avance sa mise en quarantaine pour son bien et celui des autres.

La solidarité doit accompagner les vertus déjà énumérées. Nous appartenons à une famille biologique et à une grande famille nationale. Nous devons nous sentir solidaires des souffrances des autres. Pour cela, exprimons notre gratitude à l’égard de notre personnel soignant. Beaucoup de ces hommes et femmes braveront la mort pour nous garder de la mort. Ils méritent notre reconnaissance et nos encouragements : un appel téléphonique, une parole de réconfort… Ensuite, la fermeture des magasins, de certains commerces et la mise en berne de toute l’économie va plonger beaucoup dans la précarité. En faisant vos courses, pensez aux enfants de votre voisine au chômage… Ouvrez donc vos cœurs et vos yeux pour permettre à un enfant d’avoir un repas. Ouvrez vos mains pour soutenir ceux qui seront endeuillés ; essuyons du mieux possible les yeux noyés de larmes des personnes que nous verrons dans l’épreuve : ils ne seront ni plus pécheurs, ni plus saints que nous pour mériter ce sort ; que nos possibles morts soient accompagnés avec dignité.

C’est un défi que nous lance le « virus couronné ». Il frappe les corps pour empoisonner les âmes. Si nous avons à mourir, ne mourrons pas sans âme. Ne permettons pas aussi au coronavirus d’infecter nos âmes en corrompant nos cœurs par toutes sortes d’égoïsmes, d’indifférence, de mensonge, de traîtrise et d’appâts du gain. Il y a des pays en ce moment où l’on achète des armes comme du petit pain à cause du virus ! Il y en a d’autres où les hôpitaux ont été dévalisés ! Oui, il a également réussi ce coup d’éclat. Ensemble, nous pouvons lui donner un carton rouge, le jeter énergiquement hors de nos âmes et de nos villes. Il ne doit pas l’emporter chez nous. Tenons-nous debout pour le vaincre.

Le bénévolat doit naître de cette solidarité ; que ceux qui le peuvent n’hésitent pas à porter secours aux malades en prenant toutes les précautions face au mal. On ne peut triompher du mal sans dépassement de soi. Le personnel de santé en Afrique est insuffisant partout, ou presque. Au cas, où il viendrait à être dépassé : que ferions-nous ? Devrions-nous nous enfermer chacun dans sa maison et nous condamner davantage ? Déléguerions-nous notre santé à des « mercenaires » comme c’est souvent le cas ? Il est temps que les africains apprennent à s’organiser et à s’oublier pour affronter eux-mêmes leurs misères. Quand on appelle une force étrangère pour être défendu, pourquoi s’étonner si celle-ci se paie sur vos ressources… La solidarité entre les nations est rare ; ce sont souvent les intérêts qui président aux relations dites d’amitiés entre les peuples. La solidarité ne peut nous faire défaut dans la bataille qui s’engage et dont on nous a invités à redouter le pire. L’union sera notre force. Nous sommes tous -pour une fois égaux- face à la maladie. Personne ne pourra aller se soigner en Europe, ni lui, ni sa femme et ses enfants. Espérons que de cela, nos leaders tireront des leçons à l’avenir. Mais en sont-ils encore capables ? Nous voulons le croire.

La créativité : que les africains soient capables de découvertes ou d’inventions n’est plus à prouver… Il faut que nos chercheurs travaillent davantage et aient confiance en eux-mêmes. Parfois, la solution à un problème tient à une intuition, une petite étincelle venue de on sait où du dedans ; la nature chez nous est généreuse. On ne peut se passer d’elle. Les herboristes sont légions… Les remèdes de grand-mères peuvent aider, renforcer le système immunitaire. Mais pourquoi tout cela ne guérirait-il pas également ? La médecine reprend toujours ce que fait si bien Dame-nature. Il faut rester ouvert, écouter et oser proposer. Comme nous serions fiers que le « salut » vienne de l’Afrique cette fois-ci. Cela est-il est vraiment impossible quand on sait le potentiel de notre continent ?

En effet, les temps de grandes crises sont aussi les temps des plus grandes inventions. C’est une question de survie pour tous. Le virus ne respecte ni le diplôme, ni la fonction, ni l’uniforme. Il ne respectera ni vous-même, ni vos enfants, ni votre médecin personnel. Seul le bon remède le mettra à genoux. En attendant, nous devons appliquer plus strictement les mesures d’hygiène, de confinement et de mise en quarantaine qui sont des pis-aller.

Tous ces défis interpellent d’abord nos dirigeants, sans dédommager des initiatives individuelles. Il leurs revient de lancer des centres de recherche, nationaux ou régionaux. Les cerveaux sont là. Les cerveaux viendront. Avec moins de moyens qu’en Europe, on peut les former. Réveillez-vous donc chers hommes politiques, le devoir pour lequel vous êtes si nantis vous appelle. Anticiper sur la santé, sur l’accès aux soins, sur la gestion des pandémies, sur la recherche… Vous ne pouvez continuer à distribuer les crédits prévus pour la recherche à vos parents et amis, à vos partisans ou à vos copines. Vous ne pouvez continuer à jouer avec l’avenir des peuples entiers. Les temps ont changé. Désormais, Dieu lui-même s’apprête à se lever contre vous…

Chers leaders politiques, il est encore temps de changer. Il est encore temps d’honorer votre descendance. Il est encore possible de vous racheter. Il est encore temps de nous rendre fiers de vous. La fin vaut mieux que le commencement. Si vous avez mal commencé, vous pouvez encore bien finir ; seuls les idiots ne changent pas ; seuls les démons ne peuvent changer. En persévérant dans l’erreur, vous devenez diaboliques. Réveillez-vous donc : les cris des mères et des enfants montent déjà vers vos palais. Les entendez-vous ? La terre s’ouvre pour engloutir de nouvelles vies, le voyez-vous ? Que personne ne parle de « morts bios », ces morts peuvent être évitées. Le Covid-19 vous appelle avec nous tous à plus de responsabilité, mais chacun à son rang, grade et fonction.

LE COVID-19 : ORIGINE ET ENJEUX…

D’où vient le Coronavirus 19 : d’un laboratoire militaire secret chinois? D’une puissance occidentale en recherche d’hégémonie ou bien d’un maléfique homme d’affaire voulant gagner plus d’argent sur la mort de ses semblables ? Proviendrait-il plutôt de Dame-Nature en rébellion contre l’ordre destructeur que l’humanité lui impose avec mépris ? Serait-il dû aux guerres économiques et géostratégiques des puissances se disputant à tout prix la domination du monde ? Sortirait-il tout droit des loges noires maçonniques qui organisent un ordre mondial nouveau avec une population planétaire amoindrie lobotomisée ? Le virus aurait-il été plutôt craché par l’enfer, vomi par l’ange de la mort pour porter un coup décisif aux hommes ? Serait-il une manifestation apocalyptique, un signe de la guerre finale entre le bien et le mal ? Dieu l’aurait-il envoyé pour punir le monde de son trop-plein de péchés ? Ou encore serait-il une émanation de l’Antéchrist destinée à fermer tous les lieux de culte sur la terre ? A contrario, la thèse officielle soutient que le Covid-19 est passé à l’homme par la consommation alimentaire de certains animaux…

Toutes ces thèses sont à considérées sérieusement, y compris celles qui voient dans le Covid-19 l’action d’un complot politique, économique et géostratégique. On peut s’attendre à tout de la part de l’être humain lorsqu’il veut bâtir sa tour de Babel sans Dieu. Le complot existe hélas, depuis la nuit des temps jusqu’aux plus récentes et atroces guerres : l’Irak, la Libye… Des peuples sont prêts à exterminer d’autres, des idéologies à semer la mort pour asseoir leur vérité, des groupes d’intérêts à éliminer à tous prix d’autres pour régner sans partage ni inquiétude sur le monde. Mais la défaillance humaine pourrait très bien être aussi la cause de la pandémie… Dans tous les cas, la crise est loin d’avoir livré tous ses secrets. L’histoire révélera, comme c’est souvent le cas en pareille circonstance, sa part de vérité sur le Coronavirus dans quelques décennies.

Néanmoins, pour l’heure, la position des uns et des autres ne règle pas celle plus urgente et nécessaire du remède contre la pandémie qui sème la terreur partout. Si Tout le monde est, pour une fois, logé à la même enseigne et confronté à la même angoisse de survie, seule sera différente la manière dont les uns et les autres affronteront cette inévitable équation en tenant compte de tous les effets produits par le Covid-19 sur la société.

Nous devons comprendre que le Covid-19 bouscule la planète. Il laissera exsangue bien des pays après son passage. Il n’ébranlera pas que les démographies, il va chambouler les économies, depuis le petit artisanat local jusqu’aux grandes multinationales. Les Etats normaux doivent anticiper sur ses conséquences en analysant comment éviter la fragilisation de leurs économies, en considérant comment ne pas devenir plus dépendants après, et même comment s’affranchir de la tutelle des grands groupes d’intérêts ou des autres Etats.

Le chamboulement actuel est l’occasion de rebattre les cartes à tous les niveaux, à condition de le penser et de s’en donner les moyens. Nos pays devraient donc réfléchir à différents niveaux et profiter de l’urgence pour agir vite mais intelligemment. La santé, l’aide sociale aux victimes, la recherche scientifique, la protection des entreprises, l’autonomisation du marché interne… : voici quelques secteurs prioritaires parmi d’autres. Que l’on soit obligé de laisser les aéroports ouverts, alors que cela expose des peuples entiers à la mort, est intolérable. Que la fermeture de nos frontières nous condamne nous-mêmes à l’agonie ne saurait être normal.

Certes, l’interdépendance est inévitable aujourd’hui mais lorsqu’il suffit qu’un Etat ferme ses portes à un autre pour que ce dernier agonise, c’est qu’il vivait sous perfusion. L’autonomie ne peut néanmoins se faire sans une vision intelligente de l’avenir, sans un plan cohérent, sans des investissements conséquents, sans des risques assumés et sans une gestion saine. Celui qui confierait le pilotage d’un avion à un motard est un assassin qu’il faudrait poursuivre et juger… Ces décisions graves reviennent aux politiques qui ne peuvent se passer de la mutualisation des moyens entre les Etats aux niveaux régionaux, etc. Les experts ne manquent pas de nos jours… Et l’on peut les recruter partout dans le monde en n’y mettant le prix. La Chine et le Japon en savent quelque chose…

Que l’on ne s’y trompe pas, certains pays tireront profits de cette crise au final tandis que d’autres en sortiront affaiblis, ou plus faibles que jamais. C’est une question de choix et de réalisme politique, économique et géostratégique pour les Etats organisés et ambitieux. Mais cela n’est pas moins valable au plan individuel car la crise offre souvent des opportunités aux personnes lucides et audacieuses qui ont le sens des affaires… Aux africains de se hisser à la hauteur des enjeux du moment du mieux qu’ils le peuvent… Mais il suffit de voir comment sont gérés les premiers confinements dans certains pays d’Afrique pour juger du sens des responsabilités de leur leadership, et pour craindre l’avenir car nous ne sommes qu’au début de la pandémie. Que nous le voulions ou pas, nous devons donc regarder vers Dieu pour implorer son aide. Mais pourquoi le faire et comment le faire ?

NE PAS NÉGLIGER LE SPIRITUEL

L’homme est spirituel, pas seulement matériel. Il est inséré dans un monde bidimensionnel où le premier interfère sur le second et le domine. La foi, la religion, la mystique et la métaphysique nous le rappellent avec fermeté jusqu’au martyre. Les témoignages et les signes du surnaturel ne manquent pas dans le monde contemporain, spécialement en Afrique.

Les épidémies et les soubresauts actuels ont été annoncés par différents mystiques et visionnaires authentiques, longtemps avant leurs réalisations accompagnés des remèdes célestes pour les éviter ou les vaincre… Voici, par exemple, une prière donnée pour éviter au monde les épreuves actuelles :

« Seigneur Jésus Christ, Fils du Père, envoie aujourd’hui ton Esprit sur la terre. Fais habiter ton Esprit Saint dans les cœurs de tous les peuples, afin qu’ils soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre. Que la Dame de Tous les Peuples, la Bienheureuse Vierge Marie, soit notre avocate. Amen. » (Révélation de Marie Notre-Dame de tous les peuples).

Souvenons-nous aussi que la guerre du Rwanda fut annoncée à l’avance et que la Vierge indiqua les moyens de l’éviter. Mais il a fallu le terrible bain de sang qui allait choquer toute l’humanité pour qu’on nous dise que ces révélations venaient du Ciel… Quelle responsabilité devant Dieu et l’histoire pour ceux qui devaient répandre ces messages pour éviter ces massacres ?

Ces faits signifient que le spirituel et le prophétique « percent » le temps et pénètrent l’avenir… Ils nous préparent souvent à l’affronter. Ils montrent que rien n’échappe en réalité au regard divin. Mais l’humanité enivrée par les jouissances matérielles n’écoute pas toujours ce qui vient d’en Haut et le tourne en dérision, parfois même dans les milieux supposés être son lieu d’expression. C’est que depuis toujours le Verbe vient chez les siens et les siens ne le reconnaissent pas… Sous tous les cieux, la foi et la spiritualité nous disent que l’esprit préside à la matière et qu’il la domine : « c’est l’esprit qui vivifie » (Jn 6, 63). C’est dire que la spiritualité constitue une ressource décisive contre le mal. Mais dire cela, c’est aussi comprendre que la fermeture généralisée des lieux de culte ne peut être une bonne chose, spécialement en cette heure grave. Elle est doit être rapidement compensée par un culte familial actif afin d’assurer à la société le secours divin indispensable.

Le covid-19 a accompli ce qu’aucune dictature au monde n’a réussi ; il a réussi là où toutes les idéologies ont échoué. Vient-il du démon ou pas ? Question débattue et en vogue sur les réseaux sociaux… Mais nous constatons tous qu’en plus de se rire de la vie, il ferme indirectement nos églises et nos centres de spiritualité en masse. Un tel effet collatéral ne peut profiter visiblement qu’au Mauvais, pas à Dieu. Alors faudrait-il encore vraiment chercher son origine ? A qui « profite le crime », c’est-à-dire les conséquences du Covid-19 in fine ? A vous de répondre… Notre objectif n’est pas de répondre à la délicate question de l’origine dudit virus mais d’aider à l’affronter debout pour le vaincre.

Pour notre part, là où la mort l’emporte, là où Dieu est interdit : nous devons recourir à davantage de spiritualité, au moins pour que le Mauvais ne tire profit de cette situation contre l’ordre divin. La fermeture des églises porte un coup au « règne social et public » de Dieu sur la terre ; elle est un « mal nécessaire » (point de vue en débat) dans la lutte actuelle contre le Covid-19.

Toutefois, on ne peut se priver des ressources spirituelles pour combattre cet « effroyable tueur ». La spiritualité est le principal remède contre le mal depuis la nuit des temps car le mal a une origine spirituelle, lointaine ou immédiate. Face au mal spirituel, moral et physique : la spiritualité est le rempart et l’arme à ne jamais omettre.

Parce que l’homme est spirituel, il ne peut affronter le problème du mal –question métaphysique par excellence– sans recourir au spirituel. Le mal n’est pas que physique, il est aussi métaphysique ou spirituel, nous enseignent toutes les religions. La culture africaine si religieuse et spiritualiste le sait mieux que toutes celles où prédominent le matérialisme et la raison positiviste. En d’autres termes, il faut recourir également à la spiritualité pour affronter le fléau qui nous menace. Toutes les ressources spirituelles humanistes au service du bien et de l’ordre divin doivent être mises à contribution puisque ce virus met en péril notre humanité.

Pas de grand peuple, sans une grande foi. Pas de grande foi, sans un grand peuple. La vraie spiritualité façonne un être humain au mental fort et noble. Elle engendre des hommes et des femmes de valeurs, capables du meilleur pour leurs semblables. Elle soude dans l’adversité et renverse les frontières ; elle apporte un réconfort dans la détresse et donne la lumière dans l’obscurité ; elle fortifie les genoux qui chancellent et rend intrépide face au Mal. Elle exorcise la peur et fait de la mort un passage. La vraie spiritualité permet de triompher du mal sous toutes ses formes. Qui en connaît vraiment la nature authentique ne peut douter que la foi freine les appétits désordonnés du cœur humain, qu’elle apporte la joie secrète de l’espérance de la récompense éternelle tandis qu’elle tourmente comme un feu intérieur la conscience aveugle des méchants. La foi est indispensable à la société puisqu’elle est nécessaire à l’homme, bien plus qu’on ne le pense. Certains ne savent pas qu’elle anime l’esprit de l’homme de science comme elle brille dans les yeux du petit enfant en prière incapable de comprendre tout ce qu’il fait. D’ailleurs, on oublie trop que les sciences, les arts et la philosophie en sont des enfants rebelles. Tout cela est né dans le Temple, les érudits le savent… Là où tout le monde parle de Dieu, là où tous les lieux de culte sont pleins sans que pour autant la société ne s’élève et ne connaisse de transformation significative et humanisante, il faut redouter la manipulation de la religion par des mains obscures maléfiques, la superficialité dans la pratique religieuse à moins que l’enseignement de la foi ne soit lui-même erroné, ou que le clergé ne soit inconsistant.

En effet, parce qu’elle soulève l’homme, parce qu’elle lui donne de la profondeur, qu’elle l’invite à faire de ce monde un quelque chose de céleste, parce qu’elle éduque les hommes aux valeurs et en fait un peuple de frères, la foi s’oppose fondamentalement aux maux qui divisent les hommes et les engage à bâtir une société juste, donc à lutter contre toutes les semences d’injustice et d’exploitation de l’homme par l’homme. Notre foi ne s’accommode avec aucune injustice comme avec tout ce qui détruit l’être humain, y compris la maladie. Mais cela dépend bien sûr de notre docilité à la volonté de Dieu, donc du sérieux avec lequel nous prenons les choses de Dieu. La foi nous fait prier pour trouver dans le contact avec Dieu l’inspiration et la force pour bâtir un monde meilleur. A l’origine, Dieu a demandé à l’homme de cultiver le jardin d’Eden et de le garder, c’est dire que la foi nous invite à faire porter du fruit à la terre et à la garder du Mal.

Chacun peut contribuer à changer ce qui ne va pas : c’est un devoir sacré puisque Dieu a confié la gestion de ce monde à l’homme. Il nous a fait rentrer dans le grand match de la vie qui oppose le bien contre le mal, au bon moment et au bon endroit. Serons-nous un joueur décisif dans l’équipe du bien ? Ferons-nous la différence à l’heure où tout semble perdu ? Le coup de sifflet final de notre vie sonnera très vite, pour ne pas dire trop vite. Avec lui adviendra le vrai bilan : il sera positif ou négatif, il ne connaîtra jamais de juste milieu ; mais ce jugement sera fonction du bien que nous aurons semé sur les routes escarpées de notre vie. Aucun acte négatif n’y sera sans conséquence, aucun acte bien n’y sera sans valeur. Profitons de la menace de mort qui paralyse avec angoisse notre monde pour revenir à l’essentiel : à l’amour véritable. A l’heure du grand départ, nous serons pesés, mesurés et jugés proportionnellement à l’amour que nous aurons eu pour nos semblables et pour notre Créateur. Nous aurons à rendre compte de nos fautes personnelles non pas des manquements d’amour des autres. A l’heure où tout semble plonger dans d’épaisses ténèbres, nous trouverons notre route et nous ne nous égarerons pas en nous arrimant à ces paroles de lumière : « s’il me manque l’amour, je ne suis rien » (1 Co 13, 2).

Relisons tout le texte évoqué, il peut guérir certains de la folle course à la recherche du pouvoir et de la puissance, de l’amour effréné de l’argent trompeur et de la compétition illusoire à la mode des charismes, des visions et des ministères de ceux qui se font appeler sans modestie « général de Dieu » ou prophètes… :

« J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.
L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé
» (1 Co 13, 2-13).

Comment recourir à la foi contre le Covid-19 ? Nous ne pouvons assister impuissant au spectacle de notre monde en confinement. La foi met en œuvre la puissance de Dieu. Rien ne lui résiste en réalité, mais c’est selon notre persévérance et notre endurance. C’est aussi selon les voies mystérieuses du Créateur qui nous dépasseront toujours puisque la Sagesse infinie du Créateur ne peut être comprise en réalité par nos esprits si faibles et limités. Nous vous suggérons trois armes puissantes de la foi pour ce temps de confinement. La spiritualité peut faire la différence, à condition qu’ensemble tout le monde y mette du cœur avec une foi audacieuse, un zèle renouvelé mais sans imprudence et s’organisant comme il faut pour éviter freiner la propagation du virus. Qui se saisira des armes que nous proposons en verra les fruits contre l’épidémie de la peur et contre la maladie car Dieu veille sur les siens.

1° Faites de votre confinement un temps de retraite : * montez un petit autel dans votre maison : il suffit de choisir une petite table, d’y mettre une nappe blanche, d’y poser une Bible, une croix, une statuette ou une image sainte. Vous pouvez y déposer du sel et de l’eau bénite et y allumer un cierge béni pour la prière. Si vous ne pouvez pas les faire bénir, priez vous-même sur ces éléments en demandant avec foi à Dieu de les sanctifier directement… * Faites de cet autel un lieu de rencontre personnelle et familiale avec Dieu. Programmez deux fois par semaine (mercredi et vendredi) un jeûne pour demander une protection spéciale pour vous-mêmes, les vôtres et le monde. * Bénissez tous vos repas ensemble ; commencez la journée et ne vous couchez pas sans avoir prié ensemble au pied de votre autel. * Ensuite, dans la journée prenez au moins une heure de prière devant votre autel… Si vous avez du mal à prier une heure de suite, découpez votre temps en plusieurs tranches de quinze minutes… Vous pouvez choisir de lire un livre biblique en entier. Dans votre prière, prenez le temps de faire le point de votre vie : vos erreurs, vos faiblesses et vos péchés. Demander sincèrement pardon à Dieu et choisissez de devenir meilleur à l’avenir ; privilégiez le Rosaire, le chapelet à la divine miséricorde, les invocations au Sang du Christ et les prières à Saint Michel archange pour demander la neutralisation du Covid-19 et mais aussi la neutralisation de tous ceux qui œuvrent au service de la mort… * Le dimanche, suivez la messe en famille sur les réseaux sociaux en priant en connexion avec vos prêtres. C’est un moyen de communier spirituellement avec toute la communauté des croyants qui affronte le même virus et les mêmes maux avec foi en Dieu. Que la fermeture des lieux de culte soit l’occasion de refuser le confinement auxquels nos familles ont soumis le Seigneur. Il y a trop longtemps que beaucoup de chrétiens ne priaient plus en famille…

2° Profitez de votre confinement pour aimer les vôtres : Dieu vous donne ce moment pour aimer les vôtres, réconciliez-vous avec eux. Demandez pardon et donnez votre pardon, personne n’est parfait. La vie ensemble ne peut se maintenir sans pardon. Prenez du temps ensemble, rigolez, jouez, détendez-vous… Dites aux vôtres que vous les aimez et faites-le leur sentir, demain pourrait être trop tard. Souvenez-vous : rien n’est petit dans l’amour et l’amour se nourrit de petites choses, et les petites choses sont toujours à la portée de chacun. S’il faut mourir, autant partir en paix et finir en beauté en laissant aux siens un dernier parfum de tendresse et de bonté. Ne confinez donc pas votre cœur, aimez les vôtres comme si c’étaient les derniers moments que vous vivrez avec eux. Pour une fois, ne faites pas des grains de sable une montagne : détente, blagues, joie, bonne humeur et même sommeil prolongé. Soyez positifs, chassez les mauvaises pensées et les mauvaises paroles. Considérez le bon côté des choses. Le confinement mal vécu peut faire resurgir toutes sortes de pensées négatives refoulées par une vie trépidante où l’on n’a jamais du temps pour soi-même. La vie vaut mieux que tout ; c’est la base de tous les possibles ici-bas ; tant qu’on est en vie, il y a toujours de l’espoir. Vivez chaque moment avec gratitude à Dieu et aux vôtres, pensez à ceux que le Covid-19 a emportés. Ne perdez donc pas toute la journée à vous encombrer de mauvaises nouvelles. Regardez plutôt des films qui apaisent et vous feront rire. Évitez toute négativité car celle-ci fragilise et expose toujours au mal. Ce temps peut-être un temps de grâce. On peut sortir grandi d’une épreuve, comme on peut en sortir amoindri… L’épreuve produit des grands hommes comme elle enfante des femmelettes et des minables. De quel côté serez-vous après la tempête ?

3° Faites de votre confinement un temps de méditation et de travail : c’est le moment de réfléchir à votre vie, sur ce qui est essentiel, sur la cause de certains échecs mais c’est aussi une occasion de penser à un projet qui vous tenait à cœur depuis trop longtemps, ou encore de penser à quel business marcherait après la présente crise… Vous pourriez utiliser internet ou les réseaux sociaux pour trouver les infos nécessaires. Il faut anticiper et préparer le retour à la vie normale. Les épreuves peuvent être un tremplin vers de grandes réussites. Voyez comment tirer profit de l’épreuve du confinement. Beaucoup en sortiraient sans doute meilleurs tandis que d’autres en sortiraient aigris et même encore plus souillés et pollués. L’oisiveté est la mère des vices. Les réseaux sociaux pourraient nous ouvrir au meilleur comme nous jeter dans toutes sortes de débauches. Or, nous oublions qu’en semant dans la paresse, la distraction, l’impureté, nous en récolterons toujours les fruits. Puisse ce temps de confinement vous réveiller de votre torpeur spirituelle, ou vous affermir davantage dans des choix plus constructifs.

CHERS AMIS, CHERS TOUS,

Nous pouvons vaincre le Covid-19. Mais ce sera ensemble. Le virus se propage de main en main, d’homme en homme, de maison en maison, de peuple en peuple. Il nous rappelle que les hommes partagent le même village planétaire, qu’ils sont tous mortels, peu importe leur peau et leur technologie. Il nous rappelle notre fragilité devant la nature. Il bouscule notre orgueil et notre volonté de toute puissance sur la création. Il nous pousse indirectement à quitter notre égoïsme en nous contraignant à l’affronter ensemble avec toutes nos ressources, y compris les spirituelles que l’humanité ridiculise à outrance. La situation actuelle interpelle donc la responsabilité de tous : les simples citoyens comme les leaders publics et religieux, les enfants comme les adultes, l’homme de Dieu comme l’incroyant. Il ne respecte ni les bureaux et les cravates, ni les gardes du corps ni les soutanes, encore moins les pauvres et les mendiants.

Tous contre le Covid-19. Tous contre l’horrible pandémie. Tous contre la mort. Tous contre la souffrance. Tous contre la peur. Tous pour la vie menacée. Tous pour la protection de l’autre. Mais tous sans peur avec discipline, prudence, courage, créativité et foi. Tous avec Dieu pour bouclier dans l’épreuve. La souffrance met à nu la fragilité et la faiblesse de l’humanité. Elle nous rappelle que nous sommes faits pour une vie meilleure. Elle nous convoque à bâtir une citée meilleure. Surtout, elle nous rappelle que l’homme aura toujours besoin de Dieu et que la citée parfaite ne peut venir que lui seul, mais sans nous désengager des luttes et des défis de notre vie et de notre monde.

Chers amis, le Coronavirus réveille également notre mauvaise conscience devant le manque généralisé de valeurs qui caractérise le monde contemporain. Beaucoup voient en lui un châtiment à la mesure du péché du monde contemporain que nous savons tous bien grand. Si tel est leur croyance, ils devraient en tirer comme conséquence : la pénitence, la pénitence et encore la pénitence pour eux-mêmes et pour notre monde en perdition. Il est heureux de lire les appels à la prière sur les réseaux sociaux, mais ceux-ci devraient également comporter l’appel à la pénitence et à la conversion. Cela, non pas tant parce que nous sommes de l’avis que le Covid-19 est une punition divine, mais parce qu’il convient d’être en communion avec Dieu pour solliciter son aide. On n’est toujours gêné de solliciter le secours d’une personne lorsqu’on est en brouille avec celle-ci. La réconciliation avec Dieu nous met à l’aise lorsque nous implorons son aide. Notre monde en rébellion contre les lois divines doit se réconcilier avec Dieu, s’il veut se donner plus de chance d’être exaucé aujourd’hui et demain. Le péché constitue depuis les origines le grand mur de séparation entre l’humanité et Dieu, comme entre l’homme et son semblable. Faire tomber ce mur de séparation, c’est donner à Dieu le droit d’intervenir dans notre vie. On ne peut chasser Dieu des questions liées à la l’usage de la sexualité, à la famille, à l’éducation, à l’économie, à la politique et même de nos rues, et réclamer paradoxalement son intervention lorsque tout va mal sans préalablement reconnaître ses torts…

Le temps du Carême nous invite tous à changer de vie et à nous réconcilier avec Dieu. La menace de mort qui nous oblige à laver nos mains avec plus de soins que d’habitude rend plus urgente ce retour à Dieu. Demandons avec foi l’aide divine contre le Coronavirus sans oublier de quitter nos péchés. Cet appel à la conversion s’adresse à tous, à moi comme à vous tous, sous tous les cieux. En vérité il est de tous les temps, spécialement du temps du Carême comme à celui de l’épreuve. « Si le Seigneur ne bâtit la maison, c’est en vain que peinent les maçons ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veille la garde » (Ps 126, 1). De nouvelles épidémies surviendront, plus terribles encore peut-être, qui sait ? Le monde doit revenir à Dieu. Dieu doit être la pierre de fondation de la société et de la vie humaine. En dehors de lui tout finira par s’écrouler, au-dehors comme au-dedans, physiquement comme spirituellement. Parce que lui seul est éternel, lui seul peut sauver celui qui passe et s’écoule comme les eaux d’un long fleuve tranquille ou turbulent. L’être qui meurt a besoin du Maître de la vie pour le sortir du néant comme pour le délivrer de la mort.

Tous à Dieu. Tous pour Dieu que le Covid-19 met en marge de nos programmes dominicaux, comme les péchés hors de nos vies. Tous pour Dieu que la mort de l’homme ne peut réjouir. L’homme, le fidèle et l’enfant prodigue, demeure le bien aimée de son Cœur de Père comme il nous l’a dit en Jésus-Christ, son Unique engendré. Tous avec Dieu. Lui seul domine le mal. Tous avec Dieu : avec lui nous l’emporterons toujours mais sans démission, ni irresponsabilité ou fidéisme.

Ensemble, travaillons à ce que le pire qui nous a été prédit ne se réalise pas. Montrons que nous ne sommes pas des enfants turbulents qu’on devrait toujours rappeler à l’ordre, des enfants inconscients qu’il faudrait protéger d’eux-mêmes. Anticipons sur l’avenir : pensons tous comment rebondir après la pandémie. Pensons comment mieux organiser notre vie, nos familles et nos pays. Pensons comment triompher de l’irresponsabilité à tous les niveaux. L’avenir nous réserve des défis plus graves qu’on ne vaincra pas sans une solide organisation reposant sur des structures adéquates, sur des leaders compétents, sur des hommes et des femmes de valeur, sur des familles soudées…

Le Covid-19 laissera assurément un monde autre : des économies chamboulées, des pays en crise, des familles endeuillées, des cimetières neufs… Mais jamais la mort ne l’emportera sur la vie car Dieu est le Dieu de la Vie. Et tant qu’il sera sur son trône éternel, la mort n’éradiquera jamais la vie. Soyons donc du côté du Dieu de la vie, profitons de cette épreuve pour faire davantage œuvre de vie en aimant les autres comme jamais auparavant.

Chers Tous, chers Amis,

Merci d’avoir pris le temps de me lire. J’espère que vous ne m’avez pas trouvé trop pessimiste. Comprenez que nous devons tous faire quelque chose afin d’éviter le maximum de pertes humaines. Merci de susciter autour de vous un surcroît de prière, de jeûne et merci d’appeler au retour à Dieu par la repentance. Merci aussi de prier pour moi ; que Dieu me transforme davantage et me donne de triompher de mes péchés. Le monde ne trouvera une paix profonde qu’en revenant à Dieu, individuellement et collectivement étant donné que l’homme est un être social et religieux.

C’était votre frère dans le Christ-Jésus,

P. Paul-Marie Mba (cb)

NB: Gras, italique, *: de la rédaction.

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