Jalons pastoraux pour une auto-prise en charge financière dans l’Archidiocèse de Libreville/ Mgr Dieudonné MOULOUNGUI MOUSSAVOU

Le Vicaire épiscopal de l’Archidiocèse de Libreville, chargé de la Pastorale de l’Ogooué, des Lacs et de la Route, Mgr Dieudonné MOULOUNGUI MOUSSAVOU, nous propose une réflexion pour un auto financement de l’Archidiocèse de Libreville. “La pastorale économique dans l’Eglise et son management étant un enjeu actuel…. Comment mener à bien un projet de management de la pastorale économique dans l’Eglise particulière qui est à Libreville”? Ce, dans le fil, notamment, de l’encyclique « Ecclesia in Africa » du Saint Pape Jean-Paul II, de vénérée mémoire.

Saint Jean-Paul II, dans Ecclesia in Africa, rappelle l’impérieuse nécessité qui conditionne une sérieuse évangélisation en profondeur. Celle-ci repose sur l’autonomie et l’organisation interne des Eglises particulières: « Il est nécessaire que toute communauté chrétienne soit en mesure de pourvoir par elle-même, autant que possible, à ses propres besoins. L’évangélisation requiert donc, outre les moyens humains, des moyens matériels et financiers substantiels, dont bien souvent les diocèses sont loin de disposer dans les proportions suffisantes. Il est donc urgent que les Eglises particulières d’Afrique se fixent pour objectif d’arriver au plus tôt à pourvoir elles-mêmes à leurs besoins et à assurer leur autofinancement. Par conséquent, j’invite instamment les Conférences Episcopales, les diocèses et toutes les communautés chrétiennes des Eglises du continent, chacune en ce qui la concerne, à faire diligence pour que cet autofinancement devienne de plus en plus effectif » (E.A. n° 104).

Pourvoir à ses propres besoins est la base, le socle d’une communauté. Un passage préliminaire à tout projet, à toute entreprise pastorale. Ce passage dit l’auto-prise de conscience, la maturité, la capacité, et surtut la détermination d’une communauté à s’assumer dans sa singularité à donner une réponse actualisée à l’appel du Christ dans le monde de ce temps. En effet, qui dit action pastorale dit moyens humains, matériels et financiers coordonnés en vue de cette même action pastorale. Ces moyens ne tombent pas du ciel. Il faut les créer comme toute forme de richesse est créée. Eluder cette vériter c’est se condamner à s’enfermer dans des rêves d’évangélisation n’ayant aucun lien avec l’évangélisation. Cette dernière réalité obéit à un contenu qui ne laisse de place aux chimères et à l’amateurisme. Il nous suffira, pour comprendre que nous sommes en face d’une approche qui nécessite une véritable organisation, un temps de recul et une coordination stratégique à tous les niveaux.

Dans Evangeli Nuntiandi, il est dit que « Evangéliser, pour l’Eglise, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l’humanité et, par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l’humanité elle-même: « Voici que je fais l’univers nouveau! » Mais il n’y a pas d’humanité nouvelle s’il n’y a pas d’abord d’hommes nouveaux, de la nouveauté du baptême et de la vie selon l’Evangile. Le but de l’évangélisation est donc bien ce changement intérieur et, s’il fallait le traduire d’un mot, le plus juste serait de dire que l’Eglise évangélise lorsque, par la seule puissance divine du Message qu’elle proclame, elle cherche à convertir en même temps la conscience personnelle et collective des hommes, l’activité dans laquelle ils s’engagent, la vie et le milieu concrets qui sont les leurs (E.N. n° 18) ». Une telle vision est un processus dynamique organisationnel en vue d’un ou plusieurs objectifs précis qui se résument dans la transformation, le changement des hommes, des Institutions et de la culture. Un tel processus s’inscrit dans le temps et dans l’espace. Et pour cela, il faut des moyens. Un tel processus est la mission par excellence de l’Eglise. Mission à laquelle l’Eglise et ses membres ne peuvent déroger.

Aussi, pour y arriver, faut-il que l’Eglise se donne à elle-même les moyens appropriés. Mieux, qu’elle les recherche, sinon les crée. D’où, Saint Jean-Paul II parle de l’urgence pour les Eglises particulières d’Afrique de se les procurer pour répondre à leur mission. Sinon, en d’autres mots, elle n’arrivera pas à évangéliser ou à annoncer correctement le message de la Bonne Nouvelle. Par là, elle n’atteindra jamais son but. « Il est donc urgent que les Eglises particulières d’Afrique se fixent pour objectif d’arriver au plus tôt à pourvoir elles-mêmes à leurs besoins et à assurer leur autofinancement« , certes, mais comment?

La présente étude, si modeste soit-elle, veut proposer des pistes de réflexion sur l’autonomie financière en vue d’assurer la mission première de l’Eglise particulière qui est à Libreville par son auto-prise en charge. Toutefois, un bref passage par les saintes Ecritures démontrera l’organisation matérielle à l’époque des Apôtres, puis dans la Tradition, et enfin dans le Magistère actuel de l’Eglise. Une proposition pastorale systémique dans le management des projets couronnera ce travail pour ouvrir des jalons exploitables en vue de la création des biens en matière de pastorale économique.

1. Création et Gestion des Biens dans la vie de l’Eglise: Bible, Tradition et Magistère

L’évangélisation, comme réponse à la recommandation du Christ, exige des moyens humains et matériels. Honorine NGONO * rappelle que ces moyens concernent aussi bien des structures que des finances qui puissent permettre à l’Eglise de mener à bien sa mission.

Dans les Evangiles, partant de la communauté organisée autour de Jésus et des douze, il est démontré chez Jean que Judas Iscariote avait été institué économe et organisateur de la vie économique. Cette communauté faisait bourse commune pour aider les pauvres, subvenir aux besoins des membres du groupe, pour l’achat de ce qui est nécessaire pour la célébration de la Pâque et pour payer l’impôt (Jn 12, 6; 13, 29; 4, 8; 13, 29 et Mt 17, 24-27). Chez Paul, dans la Première Lettre aux Corinthiens, il demande clairement aux communautés de pourvoir à son séjour soit par une escorte, soit par de l’argent (1Co 1, 16). Pour Timothéen qui doit se rendre à Ephèse, il insiste que la communauté veille sur lui, afin qu’il soit sans crainte dans son travail à l’oeuvre de Dieu: « Fournissez-lui les moyens » (1 Co 16, 10-11). Pour le voyage de Paul vers la Judée, il est fait appel à la communauté pour le financement (2 Co 1, 16). Ces recours aux communautés veulent tout simplement dire que l’annonce de l’Evangile est affaire de tous et une contribution inestimable pour l’expansion de la Bonne Nouvelle.

S’agissant de l’administration des Biens, la Bible ne souffre d’aucun problème, dans la mesure où le Livre des Actes des Apôtres nous montre l’institution des sept (7) pour gérer les questions matérielles et tous les biens perçus en vue du service de la Parole (Ac 6, 14). C’est dire que la question de la création et de la gestion des ressources affectées à l’évangélisation est une question qui trouve son actualité depuis les origines de l’Eglise, et ne peut être éludée par les missionnaires d’aujourd’hui. C’est aussi dire que l’appel de Saint Jean-Paul II a un fondemant scripturaire, ce qui lui donne une acception théologique, bien sûr qui ne peut être traitée ici.

Au niveau de la Tradition de l’Eglise, les historiens et les chercheurs s’accordent à reconnaître que les ressources financières et matérielles venaient des chrétiens et étaient constituées des offrandes apportées aux célébrations dominicales. Puis, dans le temps, seront instituées, partant de l’Ancien Testament, la Dîme et les prémices. Là aussi, ces apports servaient à régler les dépenses communes, à aider les pauvres. Au IIIè siècle, les Evêques vont se décharger de la gestion, pour la restituer aux diacres qui seront établis comme économes et responsables de l’entraide caritative. Entre le XIIè et le XIVè siècle, naissent les fabriques comme organes d’administration des biens d’Eglise.

Le 14 septembre 1995, en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, en pleine communion avec tous les Evêques d’Afrique, Saint Jean-Paul II rendait publique son Exhortation Apostolique sur l’Eglise en Afrique et sa mission évangélisatrice. Dans ce document, il prend position de manière affirmative et radicale sur l’urgence et la nécessité de la création et de la gestion des Biens matériels nécessaires sans lesquels l’action pastorale ne sera pas réellement possible. Ce souci de la nécessité matérielle avait déjà fait l’objet [de l’attention] des Pères Synodaux durant leurs travaux, dans la mesure où tous soutenaient qu’il est nécessaire que toute communauté chrétienne soit en mesure de pourvoir par elle-même, autant que possible, à ses propres besoins. Dans cette optique, le Saint Père ne faisait qu’amplifier au niveau universel un enjeu, non propre aux communautés d’Afrique seulement, mais à toute l’Eglise. D’où son invitation, que nous comprenons de manière sysmique: “J’invite instamment les Conférences épiscopales, les diocèses et toutes les communautés chrétiennes des Eglises du continent, chacune en ce qui la concerne, à faire diligence pour que cet autofinancement devienne de plus en plus effectif”. Systémique, parce que l’Eglise Particulière et Système avec des sous-systèmes (Procure diocésaine, Vicariats forains, Paroisses, Communautés Vivantes Ecclésiales de Base, Mouvements et groupes organisés, Commissions). Il s’agit donc de concevoir et de développer des projets de pastorale économique à chacun de ces niveaux. Ici, encore, la voie du Magistère nous donne d’affirmer que la question matérielle dans l’Eglise est une question théologique qui mérite d’être traitée comme la théologie Fondamentale, la Liturgie, la Patristique, l’Ecclésiologie, etc. C’est une question dont la problématique est aussi actuelle dans l’eglise, tant universelle que locale, comme les questions de pédophilie, d’homosexualité ou de mariage des prêtres dans le continent asiatique. La pastorale économique dans l’Eglise et son management est un enjeu actuel. Toutefois, comment mener à bien un projet de management de la pastorale économique dans l’Eglise particulière qui est à Libreville?

2. Proposition systémique pour la pastorale économique en vue de l’autofinancement et l’auto-prise en charge de l’Eglise particulière de Libreville?

Après toutes les considérations scripturaires, historiques et magistérielles qui précèdent, il est temps d’squisser, de manière pratique, comment peut-on manager des projets de pastorale économique, dans la dynamique systémique en vue d’atteindre l’autonomie financière qui permettra à l’Archidiocèse de mener sa mission évangélisatrice en toute aisance?

Dans la perspective du Jubilé des 175 ans de l’évangélisation du Gabon, il s’agit de vivre en projection vers le bicentenaire de cette même action évangélisatrice. Aussi, nous faut-il d’abord définir ce qu’on entend par autonomie avant de nous risquer dans la proposition d’un système pastoral répondant à nos attentes. Et, pour ce faire, nous nous servirons de l’élogieux travail d’Honorine NGONO: “L’autonomie financière dans la mission évangélisatrice de l’Eglise en Afrique. Le cas du Cameroun”.

La théologienne camerounaise glane plusieurs définitions de la notion d’autonomie qui vont nous conduire pas à pas vers une définition ecclésiale. L’étymologie venant du grec, soit-même et loi, renvoie à la liberté, l’indépendance et la souveraineté. L’autonomie serait alors le désir de vivre selon sa propre loi et non sous la tutelle d’autrui. Par-là, l’autonomie financière serait la solution d’un système, d’une structure ou d’un organisme administrant et gérant librement ses ressources propres. Evoluant dans sa recherche, elle présente l’autonomie comme aptitude d’un individu ou d’une communauté à mobiliser ses ressources pour affronter une diversité de situations.Aussi, pour l’Eglise, l’autonomie serait-elle le fait “de disposer des ressources propres et suffisantes: messages de l’Evangile, lieux de culte, biens matériels et financiers nécessaires pour concevoir et réaliser ses projets pastiraux, et d’autre part à bien gérer ces ressources”. Avec une telle compréhension de l’autonomie financière, comment [gérer] notre entreprise dans l’Archidiocèse?

Selon l’organisation canonique, tout Diocèse est un système de plusieurs éléménts reliés entre eux et en interaction, conformémént à la définition d’un système: “un ensemble d’objets ou éléments, organisé en fonction d’un but ou de la finalité, et immergé dans un environnement”. Cela donne d’avoir pour éléments du système Diocèse, la Curie diocésaine, le Conseil Presbytéral, le Conseil Pastoral, le Conseil pour les affaires Economiques du Diocèse, la Procure, les Vicariats Forains/Doyennés, les Paroisses avec leurs sous-systèmes, les Congrégations, etc. Mais notre travail ne se fera pas à tous les niveaux. Nous retiendrons uniquement les Conseils des Affaires Economiques du Diocèse et de la Paroisse, les Vicariats Forains et les Communautés Vivantes Ecclésiales de Base. Ce choix étant, certes, arbitraire, mais il a l’avantage de répondre à notre démarche. En effet, au Gabon, la Conférence Episcopale demande que chaque Paroisse puisse avoir un Conseil pour les Affaires Economiques, nonobstant celui du Diocèse. Ce conseil a pour but et mission d’associer les fidèles, afin d’apporter leur aide au Curé pour l’administration des biens de la Paroisse, en vue d’une gestion saine et transparente, d’une part; et d’assurer la conservation, l’entretien et l’accroissement du patrimoine paroissial: réserves financières, biens mobiliers et immobiliers, et de pourvoir, à travers cela, à l’avenir de la Paroisse, d’autre part. Par la lecture hologrammique systémique qui dit ce qui est dans un petit ensemble se trouve dans le grand ensemble, nous donne de comprendre que cette définition est valable pour le Conseil des Affaires Economiques au niveau du Diocèse. Ce conseil, donc, devient le catalyseur de la vie économique et matérielle de toute l’Eglise.

Il s’agira, alors, d’instituer, comme point de départ, ce conseil dans tout l’Archidiocèse, avec ses prérogatives statutaires. Les trésoriers des différentes Paroisses étant reconnus par le Droit Propre, au Gabon, comme étant les économes paroissiaux, se mettront ensemble pour travailler en synergie avec le Procureur dans la gestion d’ensemble, sous ses ordres, compte-tenu des directives de l’Archevêque de Libreville. Après une formation adéquate sur la comptabilité et la gestion des projets, et la mise en place d’un système de gestion financière archidiocésain, avec l’aide d’informaticiens et de comptables experts en leur matièren les trésoriers orienteront d’abord les quêtes dominicales vers la Procure, avec des documents comptables pour la traçabilité. Ils remonteront tous les revenus mensuels liés aux loyers et aux autres unités génératrices de revenus dûment recensés dans chaque Paroisse. Le Denier du Culte et les intentions de messes ne seront pas épargnés de ces mesures. Nous avons, avec cette approche, une première source sûre de récolte de fonds financiers. Toujours avec l’aide et le savoir-faire des trésoriers, un recensement objectif des besoins par Paroisse permettra la redistribution juste et équitable pour tous. Les canevas des besoins et des attentes sont fonction de la taille de la Paroisse et des projets propres.

En matière de projets générateurs de revenus, il s’agira, avec une équipe archidiocésaine de spécialistes en conception et gestion de projets, de parcourir les Paroisses pour étudier et analyser les projets propres pouvant être retenus, en fonction de leur pertinence et de leur rentabilité. Les projets approuvés seront inscrits à la Procuren en vue du financement lié à leur réalisation, dans la mesure où les fonds financiers s’y trouvent. En retour, des pourcentages seront établis dans les côtes parts qui reviendront à la Paroisse porteuse du Projet, à l’Archidiocèse pour les activités et projets d’ensemble. Pour les signatures et les modes de gestion, les dispositions statutaires en vigueur pourront être exploitées.

Une autre option de financement des projets est possible. L’exemple récent, dans l’Archidiocèse de Libreville, de la fête patronale de l’Archevêque, pourra être exploité. En effet, les différentes contributions demandées aux Paroisses, selon leur taille, sont un moyen de financer les projets de l’Archidiocèse. Au lieu d’attendre des événements festifs, une fois par trimestre, des montants forfaitaires seront demandés par la Procure, sous l’institution de l’Archevêque, pour financer les projets prioritaires retenus objectivement par la Commission de projets. Cela donnera aussi l’image de l’eglise-Communion, dans et par la participation de tous. Les activités seront soutenues par tous, et seront l’affaire de tous, en communion avec tous et autour de l’Archevêque.

Après ces bases de récolte des fonds de la Paroisse au Diocèse, viendra le moment d’élaboration d’un projet quinquennal d’exécution des priorités. Le Conseil des Affaires Economiques de l’Archidiocèse sera en mesure de prioriser les projets, dans l’esprit des cinq quinquennats conduisant vers le bicentenaire de l’évangélisation du Gabon. Après avoir opté pour la nature et le type des projets d’autofinancement, ces derniers seront alignés par quinquennat, et ce, jusqu’au troisième. Des exemples nous permettront d’être on ne peut plus clair. Au premier quinquennat, l’on retiendra des projets liés à l’agriculture dans des zones appropriées de l’Archidiocèse. Dans le second quinquennat, seront retenus des projets liés à l’immobilier. Et, dans le troisième, soit l’éducation, soit le domaine sanitaire. Les deux autres quinquennats serviront à leur consolidation, et aux bilans. Toutefois, les dix dernières années avant le bicentenaire verront la mise en place des infrastructures adéquates liées aux attentes pastorales, tels que les Centres diocésains et les bureaux des Conseils, des Caritas, des salles multimedias et autres dans les Paroisses.

En revenant sur l’approche systémique, ce qui a été dit au niveau de la Paroisse et du Diocèse se fera au niveau de la Paroisse et des Communautés Vivantes Ecclésiales de Base, et au niveau des Doyennés et des Paroisses. Dans la faisabilité, nous aurons un système générateur de fonds financiers de la base au sommet, car toutes les entités seront productrices de moyens en vue de l’action pastorale. L’Archidiocèse n’aura plus besoin de faire des demandes d’aides ou autres. Mieux, les structures mises en place procureront du travail et des salaires aux chrétiens, et ainsi l’eglise luttera contre la pauvreté. Les projets seront exécutés. Les ouvriers apostoliques seront convenablement pris en charge. Pour faire bref, l’Archidiocèse sera une Eglise Particulière pleinement constituée et capable d’assumer sa vie et sa mission.

Mgr Dieudonné MOULOUNGUI MOUSSAVOU
Vicaire épiscopal de l’Archidiocèse de Libreville, Chargé de la Pastorale de l’Ogooué, des Lacs et de la Route

* Honorine NGONO: Théologienne, titulaire d’un doctorat en théologie et d’un master en administration des entreprises de l’Université catholique de Lille, auteur de plusieurs ouvrages (Ndlr)

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