Diocèse Oyem/ Cours complémentaire de catéchèse et de liturgie/ Entretien avec l’Abbé Félicien Ndong Nguéma

A l’orée de l’année 2018, nous vous proposons un entretien avec le directeur du Cours Complémentaire de Catéchèse et de Liturgie (CCLC) du diocèse d’Oyem, l’abbé Félicien Ndong Nguéma. Objet : son enseignement sur le thème : « La joie du salut ».

Monsieur l’Abbé, vous venez de donné un enseignement qui avait pour thème : « la joie du salut ». En résumé, que peut-on retenir de cet enseignement ?

Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour souhaiter tous mes vœux les meilleurs, pour la nouvelle année 2018, à tous ceux qui œuvrent dans les medias catholiques pour informer le peuple.

Par le thème, «la joie du salut », qui a constitué la trame de cet enseignement, on voulait montrer l’ensemble des signes de ce salut que Dieu le Père n’a cessé de manifester, depuis la création du monde, jusqu’à l’accomplissement total, parfait et définitif de ce salut à travers la passion, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est le motif de notre joie. On a montré les signes, bien évidemment. On a vu comment la main de Dieu était sur son peuple, le peuple choisi depuis Abraham, en passant par le Sinaï à travers la loi qu’il a offerte à son peuple, qui n’est autre chose qu’une loi d’amour. L’amour de Dieu et l’amour des frères que Jésus n’a cessé d’expliciter durant toute sa vie. Et il a montré cet amour-là à travers sa mort sur la Croix, car il disait qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Ce salut a des signes. Et nous sommes invités à découvrir, à connaître ce salut. Car le Seigneur dit, à travers le prophète Osée,  que : « mon peuple périt faute de connaissance ».

Si on arrive à connaître ce salut, l’homme par qui ce salut est arrivé, nous serons attachés à ce Sauveur et à ce Dieu qui nous a aimés. On ne pourra plus nous éloigner de Lui.

Voilà le motif de notre joie qui a été exprimée lors de la rencontre entre Elisabeth et Marie. Marie qui va rendre visite à sa cousine Elisabeth. A travers ses paroles de salutation, l’enfant qu’elle portait en elle a tressailli d’une grande allégresse. Signe que le salut est déjà arrivé, le Royaume de Dieu est parmi nous et Jean-Baptiste a tressailli d’une grande joie. Ce qui veut dire que quand nous vivons dans cette joie, nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu à travers les cantiques,  comme Marie l’a exprimée à travers le Magnificat. Et finalement le Magnificat va devenir la prière d’action de grâce par excellence de tous les chrétien,  une fois qu’on a déjà fait connaissance et qu’on a déjà fait l’expérience de ce salut que Dieu nous donne.

Et on voulait en même temps que le monde entier, nous qui venons de célébrer Noël, Dieu avec nous, Emmanuel, que les chrétiens et les non –chrétiens fassent connaissance et fassent l’expérience de ce salut pour que notre monde vive effectivement dans la joie. Et le monde entier doit être plongé dans cette action de grâce, où on reconnaît les bienfaits de Dieu. Où on reconnaît les merveilles de Dieu pour chacun de nous.

Vous parlez de signes. Que doit faire le chrétien aujourd’hui pour déceler les signes qui vont le conduire dans la joie du salut ?

Les signes sont nombreux, dans la mesure où, Jésus sur la croix, quand on a transpercé son côté, il en est sorti de l’eau et du sang. Et l’Eglise reconnaît là-dedans le don des sacrements. Les sacrements sont des signes essentiels aussi,  quelque part,  de ce salut parce qu’ils sont les canaux par lesquels la grâce de Dieu arrive à chacun de nous.

Et nous sommes invités, bien évidemment, à redécouvrir ces sacrements. Ne pas se contenter de dire j’ai été baptisé et s’arrêter-là, mais il faut vivre de son baptême. Nous avons le sacrement de réconciliation, qui est un sacrement qui nous relève après chaque chute, car le péché blesse notre amitié avec Dieu et blesse l’amitié fraternelle. En allant me confesser, peut-être sans trop le savoir, je soigne la blessure que le péché a opéré entre Dieu et moi, et je soigne en même temps la blessure qui a été réalisée dans l’amitié fraternelle, entre nous. Nous avons le sacrement de l’Eucharistie. Je ne sais pas comment on peut vivre sans se nourrir de l’Eucharistie, qui est un sacrement d’amour, un sacrement de la foi! Chaque chrétien doit vraiment s’atteler à avoir accès à la table sainte. Car ce sacrement nous soigne, ce sacrement nous guérit, ce sacrement nous nourrit et nourrit notre foi.

Donc autant de sacrements que nous avons et que nous recevons selon la tradition de notre Eglise. Tous ces sacrements sont des canaux, bien évidemment, par lesquels la grâce de Dieu arrive jusqu’à nous. Donc si nous vivons de ces sacrements, notre foi sera nourrie. Notre foi sera nourrie par la prière aussi et, effectivement, on sera attaché à ce Dieu qui nous a sauvés. On ne pourra pas s’éloigner de cette grâce-là du salut du Seigneur. Voilà des voies qui peuvent nous aider à vivre pleinement cette joie du salut.

Nous avons en même temps, la Parole de Dieu à découvrir, à méditer,  et à vivre au quotidien. Et c’est fondamental la Parole de Dieu, parce que quand Dieu parle cela se réalise. Elle est performative. Si Dieu a fait de grandes choses pour ses enfants depuis la création du monde, il va continuer à faire ces mêmes choses merveilles pour nous chrétiens d’aujourd’hui. Donc la Parole de Dieu nous nourrit à côté des sacrements.

Il faut que chaque chrétien redécouvre la dimension de la Parole de Dieu. La Bible devient ce livre, non seulement le plus lu, mais que nous tous nous avons, que nous tous nous trouvons dans nos églises. On vend la Bible un peu partout. Il ne faut qu’elle soit une simple bibliothèque pour décorer nos maisons, il faut vraiment que la Parole de Dieu, que la Bible soit ce livre-là que nous feuilletons tout le temps, parce que nous sommes invités à vivre de cette parole de Dieu.

Un appel, en guise de mot de fin ?

Les chrétiens ont bénéficiés du salut de Dieu. Et quand on est chrétien, c’est qu’on est des autres Christ. Et le Christ qui a donné sa vie pour nous, voilà ce que nous avons à découvrir et à témoigner au quotidien.

Le chrétien est par essence aussi un missionnaire, c’est-à-dire, je ne peux proclamer la mission de Dieu que si moi-même j’en suis bénéficiaire. Il faut que nous soyons aussi des missionnaires de cette Bonne Nouvelle, de cette Parole de Dieu, de ce Salut, et de transmettre la joie de Dieu à toutes nos sœurs et à tous nos frères. Voilà la grande invitation qu’on peut adresser à toute la gente chrétienne, au 21ème siècle, en 2018. Pour vivre pleinement de la joie du salut qui nous vient du Seigneur Jésus, et partager au quotidien cette joie du Seigneur.

Le monde veut bénéficier du salut de Dieu. Et Dieu nous utilise. Nous ne sommes pas des pierres inertes, nous sommes des pierres vivantes au sein de notre Eglise. Nous sommes des missionnaires qui apportons le salut de Dieu à tous nos frères et toutes nos sœurs. A travers notre témoignage de vie, à travers la proclamation de la parole de Dieu, à travers tout ce que nous pouvons vivre comme acte de charité vis-à-vis de nos frères, c’est ainsi que nous serons de véritables missionnaires, qui écoutent la parole et la répandent partout, et qui en vivent même dans nos milieux professionnels, nos familles, partout où nous sommes, chacun de nous bénéficiera de cette annonce de la bonne nouvelle. Et surtout, que chacun de nous vive dans cette joie-là d’avoir bénéficié du salut de Dieu qui vient de Jésus.

Propos recueillis par Fabien Essone

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