Dimanche des Rameaux 2020/ Homélie/ Père Roland MINTSA, Sdb

En ce Dimanche des Rameaux 2020, nous vous proposons de méditer avec l’homélie du père Roland MINTSA, Sdb, doyen du doyenné Saint Augustin de l’Archidiocèse de Libreville, curé de la paroisse Marie Auxiliatrice de Mikolongo.

Marie Auxiliatrice

HOMELIE

« Dimanche 05 avril 2020. C’est le dimanche des Rameaux. « Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux! »

Frères bien-aimés,

Pendant quarante jours, nous avons préparé nos cœurs par la prière, la pénitence et le partage. Et nous voici au début de la Semaine Sainte, pour commencer, avec toute l’Église, la célébration du Mystère pascal. Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville sainte, où il va mourir et ressusciter. Mettons toute notre foi à rappeler maintenant le souvenir de cette entrée triomphale de notre Sauveur.

Bien-aimés dans la foi,

Le Dimanche des Rameaux que nous célébrons aujourd’hui nous donne une lecture très particulière de la Passion de notre Seigneur. Le mot « Passion » veut dire « souffrance ». Oui, une souffrance que le Christ accepte d’endurer par amour pour nous. Cette croix, dans la première lecture qui nous a été proposée, du prophète Isaïe chapitre 50 verset 4 au verset 7, le Seigneur a choisi son serviteur. Le Seigneur lui a donné une attention particulière quand ce serviteur était frappé. Ce serviteur a tendu les joues quand on arrachait sa barbe. Ce serviteur n’a pas caché sa face devant les outrages et les crachats. Lui, le serviteur souffrant du livre d’Isaïe préfigure le Christ innocent qui va subir les affres de la méchanceté des hommes.
La deuxième lecture, tirée de la Lettre de Saint Paul aux Philippiens, chapitre 2 verset 6 au verset 11, nous situe dans la réalité du Christ lui-même. C’est-à-dire un serviteur, un triste obéissant.

Saint Paul aux Philippiens nous rappelle que Jésus a la condition de Dieu, mais il n’a pas retenu le rang qui l’égalait à Dieu. Il s’est anéanti. L’anéantissement est une catégorie théologique qui symbolise l’obéissance, la soumission. Oui, être soumis à Dieu pour être élevé, c’est ce que Jésus vit dans sa propre chair. Dieu va donc l’exalter, il va doter Jésus du nom qui est au-dessus de tous les noms, afin qu' »AU NOM DE JÉSUS, TOUT GENOU FLÉCHISSE, AU CIEL, SUR LA TERRE ET AUX ENFERS, ET QUE TOUTE LANGUE PROCLAME QUE JÉSUS CHRIST EST SEIGNEUR, A LA GLOIRE DE DIEU LE PÈRE ».

Bien aimés dans la foi,

L’obéissance de Jésus est un paradigme d’obéissance. C’est le creuset de tout abaissement qui nous fait recevoir les faveurs de Dieu le Père. En ce sens, l’entrée de Jésus à Jérusalem indique déjà la soumission totale à la Volonté du Père. Cette entrée à Jérusalem est manifeste dans la longue lecture de la Passion de notre Seigneur selon Saint Matthieu chapitre 26 verset 14 au verset 27.

C’est pourquoi tout chrétien, aujourd’hui, pendant la célébration de cette Semaine Sainte, doit se rendre à l’évidence que Dieu a aimé l’humanité. Jésus, en allant à Jérusalem, pour mourir et ressusciter, selon ce que nous dit la lecture de la Passion, Jésus accepte, Jésus est obéissant. Tour à tour, il va indiquer à l’humanité tout entière, que Dieu aime les hommes.

Je voudrais axer notre méditation de la Parole de Dieu, en ce dimanche des Rameaux, sur le sens du don, le don de la vie, le don de sa propre vie. Jésus se donne. En mourant, Jésus se donne, pour que nous puissions vivre, et vivre de Dieu.

Frères et soeurs,

Nous avons aussi, dans nos habitudes, la possibilité de faire des dons, de donner des choses aux personnes que nous portons à cœur. Mais est-ce que ces dons remplissent la vie des autres?

Le don que Jésus fait de lui-même, c’est pour t’ennoblir, mon frère, ma sœur. C’est pour que ta vie gagne en dignité. C’est pour que cette vie, déçue par le péché, soit plus reluisante à la face de ton Père. Tes dons, le don que tu fais de ta vie au quotidien, doit donc être à la lumière du don par excellence, que le Christ fait de sa vie. C’est le sens même de Pâques, où Jésus nous conduit pour ressusciter avec lui. Autrement dit, quand on donne, et quand on se donne, tout, dans la vie, devient passage. Rien, dans la vie des enfants de Dieu, n’est statique. C’est la raison pour laquelle même notre propre vie, ici sur terre, mérite d’être vécue sous le prisme du passage, sous le prisme de Pâques.

Oui, Seigneur, nous voulons reconnaître devant toi, en ce dimanche des Rameaux, que quelquefois nous avons de la difficulté à comprendre que tout passe. Notre coeur est souvent plombé par la peur. Et aujourd’hui l’humanité entière est accablée par la peur du coronavirus.

Chers paroissiens de Marie Auxiliatrice,

Tout passe. Le coronavirus et tout son cortège de conséquences passent. Dieu est aux commandes de nos vies. Dieu, avec Jésus, nous promet et nous donne toujours la victoire.

Frères et soeurs,

Le Dimanche des Rameaux doit mettre dans notre cœur l’admiration, la soif, le désir de posséder Jésus, puisque ce Jésus a une autre dimension. Il est Dieu. En désirant Jésus, il vient, un peu comme ouvrir notre cœur, dilater nos cœurs, pour l’aimer véritablement. Jésus se donne pour toi. Jésus se donne pour que tu vives.

Frères et sœurs,

Terminons notre méditation en levant les mains vers le Seigneur pour lui demander de combler les attentes des hommes qui veulent vivre aujourd’hui comme des enfants de Dieu. En ce Dimanche des Rameaux, beaucoup d’entre vous êtes confinés dans vos maisons, mais nous sommes reliés spirituellement. Avançons vers Pâques, dans la joie de la Résurrection. Avançons vers Pâques avec la certitude d’être aimés par Dieu.

Frères et sœurs,

Que Dieu vous bénisse, et qu’il vous garde.
« Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux! » Tous unis, tous frères.

Par Père Roland MINTSA, prêtre-journaliste
Doyen du Doyenné Saint Augustin de l’Archidiocèse de Libreville
Curé de la paroisse Marie Auxiliatrice

Publier votre commentaire