Coronavirus/ Conférence épiscopale du Gabon/ Nouvelles dispositions en Eglise

Au lendemain des mesures du gouvernement gabonais face au coronavirus, qui prescrit notamment la fermeture des lieux de culte* **, la Conférence épiscopale du Gabon s’adresse aux fidèles, ce mardi 17 mars 2020, pour les nouvelles dispositions en Eglise. Texte intégral.

Conférence Episcopale du Gabon
Annonce


Aux Prêtres, Diacres, Consacrés, Fidèles laïcs,

« Que votre coeur ne se trouble point » (Jn 14, 1)

Suite à la fermeture des lieux de culte décrétée par le Gouvernement de la République, Nous, Evêques du Gabon, voulons vous rappeler encore les paroles de Jésus à la Samaritaine:

« L’heure vient, et c’est maintenant où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité » (Jn 4, 23-24).

Chaque jour, aux heures habituelles, Nous, vos Evêques et vos prêtres, célèbreront individuellement l’Eucharistie, portant tout le pays, toutes vos inquiétudes et vos espérances face à cette pandémie. C’est pourquoi, Nous vous encourageons vivement à demeurer en communion avec vos pasteurs. Priez et demandez à Jésus-Eucharisite de descendre en vos coeurs pour vivre la communion spirituelle.

Nous vous invitons à:

  • prier en famille quotidiennement le chapelet de la Miséricorde divine, le Rosaire (notamment aidés par Radio Sainte Marie, Radio Maria, KTO…);
  • à réciter la prière de l’Angelus chaque jour à midi;
  • à méditer le chemin de croix;
  • à pratiquer le jeûne les Mercredi et les Vendredi, et l’aumône agréables aux yeux du Seigneur.

Pour les funérailles, le Prêtre ou le Diacre pourra bénir le corps du défunt.

Chers fidèles, rappelez-vous ces paroles de Jésus: « Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33 b).

Avec notre paternelle bénédiction.

Fait à Libreville, le 17 mars 2020

Pour les Evêques du Gabon
+ Mathieu MADEGA LEBOUAKHEAN

  • Au moment où cette pandémie connaît une nette accélération dans le monde et avec l’apparition d’un premier cas au Gabon, le Conseil des Ministres a entériné les mesures additionnelles suivantes :
    … – fermeture de tous les lieux de culte et recommandation de prières à domicile ; – interdiction des rassemblements de personnes ramenée de cinquante (50) à trente (30) personnes ;… (Libreville, conseil des ministres du lundi 16 mars 2020)

** Saint-Siège – République Gabonaise/ Accord Cadre (cadre juridique des relations et collaboration)
20 AOÛT 2010 |  0
ENTRE LE SAINT-SIÈGE ET LA RÉPUBLIQUE GABONAISE
SUR LES PRINCIPES ET SUR CERTAINES DISPOSITIONS JURIDIQUES
CONCERNANT LEURS RELATIONS ET LEUR COLLABORATION


Le Saint-Siège et la République gabonaise, désireux de fixer le cadre juridique des relations entre l’Eglise catholique et l’État gabonais:
en référence, pour ce dernier, aux normes constitutionnelles en vigueur, en particulier le préambule de sa Constitution et l’article premier, paragraphes 2 et 13, et les articles 2 et 7 de sa Constitution du 22 avril 1997, c’est-à-dire le principe de la laïcité de l’État et son corollaire, le respect de toutes les croyances et leur autonomie de principe en leur domaine; et, pour le Saint-Siège, aux documents du Concile œcuménique Vatican II et aux normes du droit canonique;
tenant compte du fait qu’une majorité de Gabonais appartient à l’Eglise catholique, et du rôle de cette dernière dans la vie de la Nation, au service du développement spirituel, social, culturel et pédagogique du peuple gabonais;
conscients de l’enracinement profond et ancien des fidèles catholiques dans la vie nationale du pays, de la richesse des traditions religieuses du continent africain et de l’opportunité de leur donner une expression solennelle;
rappelant les principes internationalement reconnus en matière de liberté religieuse,
Sont convenus de ce qui suit:

Article 1
La République gabonaise et le Saint-Siège réaffirment que l’État et l’Église catholique sont, chacun dans son ordre, souverains indépendants et autonomes et déclarent s’engager, dans leurs relations, à respecter un tel principe et à œuvrer ensemble pour le bien-être spirituel et matériel de l’homme, comme en faveur de la promotion du bien commun.

Article 2
l. La République gabonaise reconnait la personnalité juridique à caractère public que l’Eglise catholique possède par-nature.

  1. .La République gabonaise reconnait aussi la personnalité juridique de toutes les. institutions de l’Église catholique qui possèdent cette prérogative en droit canonique et qui restent régies par leurs règles propres.
  2. La République gabonaise reconnait en particulier la personnalité juridique de la Conférence des évêques du Gabon et de toutes les circonscriptions ecclésiastiques dont une liste indicative se trouve dans le protocole additionnel de cet Accord.

    Article 3
  3. Il appartient exclusivement à l’autorité ecclésiastique de fixer librement les lois et règlements dans le domaine de sa compétence, ainsi que d’ériger, modifier ou supprimer les institutions ecclésiastiques en général, comme les circonscriptions ecclésiastiques et toutes les personnes morales ecclésiastiques.
  4. Lorsque le Saint-Siège érige, modifie ou abolit ses circonscriptions ecclésiastiques, il en informe aussitôt les Autorités gabonaises.

    Article 4
    La République gabonaise garantit á l’Église catholique, tant à ses fidèles en général qu’aux responsables et aux membres de ses institutions, la liberté de communiquer et de se maintenir en relation avec le Saint-Siège, avec les Conférences épiscopales d’autres pays, tout comme avec les églises particulières, personnes et organismes présents à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Dans le cadre des relations entre Conférences épiscopales, la Conférence des évêques du Gabon s’engage à observer l’obligation énoncée au Canon 459 & 2.

    Article 5
    Dans le respect du droit à la liberté religieuse, la République gabonaise reconnait à l’Eglise catholique, en ses différents rites, le libre exercice de sa mission apostolique en particulier pour ce qui concerne le culte, le gouvernement de ses fidèles, l’enseignement sous toutes ses formes, les œuvres de bienfaisance et les activités des associations et des institutions dont il sera traité aux articles 13 et 16.

    Article 6
  5. La République gabonaise garantit à l’Église catholique le libre exercice de son culte.
  6. Dans le cadre de sa législation, la République gabonaise assure l’inviolabilité des lieux de culte: églises, chapelles et leurs annexes.
  7. Ces lieux de culte ne peuvent être destinés à d’autres usages, de façon permanente ou temporaire, que pour de graves motifs et avec l’accord explicite de l’autorité diocésaine dont ils dépendent.
  8. Au cas où ces lieux de culte présenteraient des risques graves et avérés pour la sécurité des personnes ou des biens, les Autorités civiles peuvent prendre toutes mesures de protection, à charge pour elles d’avertir le plus tôt possible les autorités ecclésiastiques, c’est-à-dire l’évêque du diocèse et la personne directement responsable de l’usage cultuel de l’édifice en question.

    Article 7
  9. Toutes les nominations ecclésiastiques ainsi que l’attribution des charges ecclésiastiques sont exclusivement réservées à l’Église catholique, en conformité avec les normes du droit canonique.
  10. La nomination, le transfert, la révocation et l’acceptation de la renonciation des évêques appartiennent à l’Eglise…

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